QUAND LA PERTE DE POIDS NUIT À LA PERFORMANCE
- Par Karine Paiement
- Nov 8, 2017
- 4 min read

Un athlète d’un certain poids sera-t-il nécessairement moins performant que son homologue plus svelte? En tant que coureurs et coureuses, on aurait tendance à penser que plus nous sommes légers, plus nous allons courir vites. Ce sont les lois de la physique, non? Pourtant, le corps humain nécessite une certaine quantité d’énergie pour travailler de façon optimale et donc, un processus de perte de poids impliquant un déficit en énergie trop important risque d’avoir l’effet contraire sur la performance sportive.
Moins de masse à déplacer = moins d’énergie à déployer
C’est ce que Newton a tenté de nous enseigner au travers nos cours de physique. D’un point de vue théorique, c’est logique. Par contre, d’un point de vue pratique, c’est une toute autre histoire. Pourquoi ce concept est-il plus difficile à appliquer lorsqu’il est question de performance sportive? Tout simplement parce que le corps humain est beaucoup plus complexe qu’un objet inanimé.
Une équation de physique ou un problème de société?
De nombreux athlètes se font dire ou assument littéralement qu’ils seraient plus performants s’ils étaient plus minces. La diminution du pourcentage de gras fait souvent partie des objectifs des sportifs et ce, peu importe leur masse et leur composition corporelle initiale. L’objectif en soi n’est pas nécessairement problématique, mais les méthodes pour y arriver, elles, laissent souvent à désirer.
Quand le « One size » ne « fits » pas « all »
Si le poids était le seul facteur garantissant une amélioration de nos « paces », c’est-à-dire nombre de minutes par kilomètre parcouru en course à pied, il suffirait de manger moins pour mieux performer. En effet, le principe de la balance énergétique repose sur le fait de consommer autant d’énergie qu’on en dépense pour maintenir un poids stable. C’est simple, pas besoin d’une nutritionniste du sport pour appliquer le concept : il suffit de manger moins et de bouger plus! Pourtant, les besoins de tous et chacun sont très variables et il existe une marge d’erreur dans le calcul des besoins énergétiques et même dans les valeurs nutritives des aliments, c’est pourquoi notre formation universitaire nous amène à mettre en place des stratégies individualisées dans le but d’aider nos athlètes à développer leur plein potentiel. Il est possible que la perte de poids fasse partie du processus, mais elle n’est généralement pas l’objectif principal.
Un objectif à long terme
Pour éviter de ralentir son métabolisme de base, il vaut mieux adopter une approche de changement d’habitudes alimentaires à long terme. En voulant perdre du poids trop rapidement pour mieux performer, on risque plutôt de nuire à la qualité de nos entraînements et donc, de ralentir notre progression. Plus le volume d’entraînement augmente, plus les besoins en énergie augmentent! Il ne faut donc pas avoir peur de manger de plus grandes portions et d’ajouter des collations durant la journée en période d’entraînement. Si on craint de prendre du poids et qu’on contrôle nos apports en se privant, c’est à ce moment-là que les performances diminuent et que le corps aura tendance à s’adapter et à stocker davantage de réserves. De plus, des restrictions alimentaires amènent souvent des compulsions alimentaires qui annuleront les efforts déployés. Les troubles alimentaires sont assez présents dans le monde du sport, il faut donc être à l’écoute de son corps et éviter de se peser régulièrement pour éviter d’en faire une obsession. Le chiffre sur la balance ne traduit ni la composition corporelle ni la performance sportive, il vaut mieux se fier à comment on se sent dans nos vêtements et à l’amélioration de nos résultats à l’entraînement.

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